Le jour où … j’ai décidé d’y aller !

Le jour où … j’ai décidé d’y aller !

Je n’y arrive pas. En réalité je n’essaie pas. Je repousse constamment, ça, je sais faire ! La procrastination, la fameuse. J’ai téléchargé des applications sur mon smartphone premier prix pour mieux gérer mon temps, j’ai lu des PDF foireux autour du développement personnel, je me suis même infligé quelques séances d’hypnoses sur Youtube. Rien n’y fait. Je commence « demain ».
Mais les jours passent, demain devient « bientôt ». « Bientôt » se mue en « plus tard », et mes projets prennent peu à peu l’eau.
Alors je fais dans l’autocritique, j’essaye de comprendre. Décrypter mon attitude, me débarrasser de mes doutes, comprendre qui je suis et voir quelles sont mes capacités réelles. Je suis définitivement complexe, lundi je pense A, mardi je dis B. J’ai des convictions, des combats personnels, des motivations à avancer ; mais l’étrange impression que cela ne suffit pas persiste. Je ne me sens pas spécialement brillant, plutôt inférieur à beaucoup de personnes et d’animaux. Et même si je crois m’en ficher éperdument comme d’un colis oublié chez mondial relay, c’est un frein supplémentaire. Il va peut-être falloir revoir certaines prétentions à la baisse. Qui peut savoir de quoi je suis réellement capable si ce n’est moi-même.
Au lieu de penser, je devrais juste « le faire » pour une fois. J’ai remporté des victoires importantes, atteint des sommets que je pensais inaccessible. J’ai réglé un grand problème de santé, puis je me suis défait du tabac. J’ai su affronter les tempêtes de la vie amoureuse, j’en suis ressorti plus fort et ma famille plus grande. Sans vanité aucune, on peut parler d’une grande satisfaction. Pour être, pleinement la personne que je veux être, il me manque un ingrédient important : la création. Il me faut créer quelque chose pour sentir exister. Pendant longtemps, je pensais que créer de la musique me satisfaisait. Puis j’ai compris que malgré 25 ans de pratique, ce n’était pas pour moi. Il n’est jamais trop tard pour s’en rendre compte. Je continue de pratiquer pour ma vie professionnelle ou pour le plaisir de voir sourire ma fille, mais ça s’arrête là. J’aurais aimé dessiner, peindre… mais je n’ai aucune technique, et je n’ai pas envie d’apprendre.  Cuisiner ? Oui ! Construire ? J’adorerais ! Mais ce que j’aimerais vraiment : écrire. Raconter des histoires, m’inventer des vies, faire sourire pourquoi pas. J’ai une dizaine d’ébauches, trois « débuts » de « roman » dont un policier qui pèse plusieurs pages… mais, mais.  Je n’ai pas vraiment de style, je fais beaucoup de fautes et j’ai un poil dans la main. Toujours une bonne excuse pour dire « bientôt », puis « plus tard ». Trop de boulot, vie familiale bien remplie, les soucis. Toujours une bonne excuse pour laisser filer les choses.
Sauf que les années passent, et je vois déjà la silhouette brumeuse du mot regret apparaitre au loin.
C’est une sorte de joyeux testament : je fais ici la promesse d’y aller… C’est le genre de billet qu’on aurait pu voir sur un Skyblog il y a dix ans, c’est vrai.

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